La phobie de l'avion : un mal qui se soigne
"La peur de l'avion est un mal qui se soigne très bien, pour peu qu'on s'y prenne très tôt", concède Fabienne Regard, elle-même ancienne phobique des airs. Elle rappelle que la peur de l'avion concerne principalement les hommes (80%) que les femmes (20%) mais qu'en règle générale, se faire soigner aide 98% des personnes à prendre par la suite l'avion sereinement.
Si le voyage est programmé sur le long terme, l'experte conseille de participer à un stage anti-stress, qui est le "seul moyen réellement efficace de se débarrasser de cette frayeur".
Il existe plusieurs stages en France et à l'étranger. Tous reposent sur trois phases : une partie technique, une autre de "gestion", et une dernière plus pratique. La première consiste à rencontrer les pilotes et personnels navigants pour dialoguer avec eux et prendre conscience de leur professionnalisme et de leur maitrise de l'appareil. Le module de "gestion de la peur" aide à se convaincre de l'irrationnalité de la crainte enfin l'aspect pratique abordé par la dernière partie offre des clés pour gérer son stress durant le vol.
Air France propose ce type de stage. Fabienne Regard dirige pour sa part depuis 15 ans le stage dispensé à l'aéroport de Genève. "La peur de voler exprime des peurs plus personnelles qu'il faut apprivoiser", décrit-elle. La spécialiste a elle-même suivi ce stage il y a 20 ans et admet prendre très régulièrement l'avion désormais et "adorer" cela.
Pour les retardataires
Si le voyageur n'a pas le temps de participer à l'un de ces stages, Mme Regard recommande "de prévenir l'équipage et de demander à être rassuré". "Le personnel navigant est bien formé pour conseiller et rassurer les voyageurs. Il faut surtout en "parler", prévient-elle. Toutefois, elle ajoute qu'"il vaut mieux éviter de prendre l'avion si la peur est trop importante et qu'elle handicape réellement le passager".
Durant le vol
La chose à ne surtout pas faire, c'est de "prendre de l'alcool ou des calmants qui n'ont un effet que superficiel", souligne-t-elle. Elle déconseille aussi de "rentrer dans sa bulle" et d'écouter les bruits de l'avion, qui excitent la peur. "Le phobique doit surtout parler, pas de tout et n'importe quoi, mais de sa peur. En l'exprimant, il la domine".
Il existe aussi des techniques de relaxation, enseignées durant les stages. "Cependant, les outils que nous fournissons ne sont pas efficaces à un même degré sur tout le monde car chacun gère à sa façon".
Les catastrophes aériennes ne ravivent pas la peur des anciens phobiques
Fabienne Regard, du stage anti-stress aérien de l'aéroport de Genève, assure que les anciens phobiques, une fois guéris, ne craignent plus jamais de prendre l'avion, même lors de catastrophes aériennes. "Une fois que le passager affronte la réalité telle qu'elle est, il n'a plus peur et n'a plus besoin d'être rassuré", se félicite-t-elle. "En effet, il ne s'agit de relativiser, mais les chiffres parlent d'eux-mêmes. La voiture fait beaucoup plus de morts sur les routes chaque année que l'avion dans les airs".
Pour plus de renseignements : www.volersanspeur.com