Perdu dans la fraîche chaleur des murmures de l'Olivier, soudain, le temps s'arrête. Lentement, entre les doigts noueux de ce jeune vieillard, il se transforme en souvenir. Le souvenir de l'Olivier, je l'avais perdu, je ne sais où, sur le bateau du retour peut-être ou alors l'avais-je par mégarde laissé tomber dans la poussière, comme ça. Je l'ai retrouvé, le souvenir de l'Olivier.
Ce matin, je l'ai retrouvé et je l'ai pris dans ma poche. Je n'ai pas intérêt à le perdre, c'est toujours utile le souvenir d'un Olivier, ça vous réchauffe la peau et ça vous rassure. Le souvenir d'un Olivier, ça peut même vous réveiller lorsque Nantes est grise et bien décidée à le rester. C'est vrai qu'il faisait gris sur Nantes, ce matin, quand, traversant le marché énervé de la petite Hollande, je suis passé devant le vendeur d'épices, tu sais, le petit grisonnant avec sa casquette. C'est comme ça que le thym et le romarin ont fait pousser sous mes yeux l'Olivier de mon souvenir et je me suis allongé, enveloppé dans son ombre pour somnoler. «Jeune homme, vous prendrez quelque chose ?», m'a réveillé le petit homme gris. «Non merci», j'ai dit, ou un truc comme ça.
La rosée», a dit Maman, elle a raison.
Les voyages, c'est découvrir aussi les trucs qu'on connaît pas, histoire d'oublier un peu ce qu'on connaît, ce qu'on voit tous les jours comme, je sais pas, le
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