Elles s’appellent Chomolunga, Uluru, Sri Pada, Llullaillaco ou Shasta. Des noms venus de l’aube des temps...
... et que les Européens ont platement rebaptisés Everest, Ayers Rock ou pic d’Adam… Et pourtant ces montagnes sacrées n’ont pas attendu leurs fragiles conquérants armés de piolets et de crampons pour exister dans l’inconscient des peuples qui vivent à leurs pieds et les vénèrent depuis toujours.
«Ame montagne», «Maison de Dieu», «Lingam de Shiva», ces monstres de pierre et de glace tutoient les divinités et sont, selon les légendes et les religions, axes du monde, royaumes des morts ou lieux de révélations. Au point qu’il n’est guère de mythologies qui n’aient sa montagne sacrée.
Marianne Boilève dresse le portrait d’une quarantaine d’entre elles. Des petits textes clairs, accompagnés, comme on pouvait s’y attendre, de superbes photographies ; et l’ensemble, dans un format maniable (19,5 cm x 19,5 cm), permet à ce beau livre d’échapper au statut de meuble de salon.

Montagnes sacrées de Marianne Boilève Glénat, 190 pp., 22 €.