Parcourant l’Egypte au printemps 2000, Scarlett Coten choisit de s’aventurer dans le désert du Sinaï et découvre «sa seconde famille», les Bédouins. Dans ce pays vide «devenu son éden», elle photographie «ceux qui m’invitent, ceux qui demandent, tous ceux qui posent. Mon fil d’Ariane, ce sont eux. Les gestes, les rires remplacent la parole. Le temps est différent, les gens également. L’été est chaud. D’une ombre à l’autre, on aspire chaque courant d’air, chaque vague de vent.»
Ses portraits sont incroyablement joyeux et très vivants. Le rituel paraît improvisé à chaque nouvelle rencontre ; femmes et hommes aussitôt saisis sans mièvrerie dans leur présent, comme s’il y avait urgence à les fixer sur pellicule. Ce sont des photographies prises dans l’élan, et l’on ressent ce mouvement vers l’autre, ce bonheur d’une attention réciproque immédiate.
Il y a partout des couleurs intenses, sur les murs, sur les sols, peu d’objets, tapis, pendules, radiocassettes. Un décor minimaliste, à la limite du dénuement, qui dévoile aussi les conditions de vie de ces Bédouins aujourd’hui sédentaires. «Oubliés, démunis, mais vivants !», souligne Scarlett Coten, désireuse d’illustrer «l’enthousiasme et la modernité d’un peuple méconnu.»
En avril 2010, à Dubaï, The Empty Quarter Gallery présentera le travail de cette jeune photographe, née à Antony et formée à l’ENSP d’Arles.

Still Alive de Scarlett Coten,
coédité par Actes Sud et The Empty Quarter Gallery,
144 pp., 29 euros.
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