L’Orient Express est sûrement plus prestigieux, le Shinkansen japonais beaucoup plus performant, mais aucun de ces trains n’a le charme du Tamil Nadu Express. Récit d’une traversée de l’Inde, de Chennai à New Delhi.
Il est 21h30, et déjà les choses se compliquent. Notre taxi,perdu dans les rues de Chennai, ne trouve pas la gare d'Egmore. Et bien sur,comme je parle pas le tamoul, il m'est impossible de comprendre ce que Vithya et son père se racontent, à savoir si nous serons à l'heure pour prendre ce maudit train.
Vithya, c'est mon amie. J'ai passé quatre mois à travailler à ses côtés ; à prendre mon thé avec elle; à lui parler de mes sœurset de ma vie en France. Nous voilà pourtant sur le quai de la gare ou nousattend le Tamil Nadu Express, elle pour rejoindre son mari et moi pourrejoindre mon nouveau lieu de travail. «la fine équipe» comme l'asi bien dit mon ancien patron.
A bord du train, les difficultés commencent. La première:les couchettes qui nous ont été attribuées sont dans un compartiment où il n'y a que des hommes. Aïe. Mes réflexes de française en reconversion tamoule sonten mode "attention ! attention !". Deuxième difficulté : à nous deux, Vithya et moi, nous avons 6 bagages, dont mon énorme valise qui doit peser pas moins de 40 kg et mesure 1,50 m de large. Du coup, on se retrouve à dormir sur nos couchettes, avec nos sacs en guise d'énormes oreillers. Pourrallier New Delhi depuis Chennai, il faut compter 33 h…la nuit promet d'êtredifficile.
Mardi matin, au réveil, ces craintes se révèlentinfondées : après une bonne nuit de repos, nous voilà parties en directiondes cuisines. Nous nous faufilons entre les indiens en mode brossage de dents,les serveurs de coffee et autres passagers, pour arriver finalement en bout detrain, avec un wagon-restaurant absolument dégoûtant : des marmites rouillées, deux tonnes d'oignons, une foule d'Indiens qui s'activent…et Photos interdites. Normal.
Retour à notre wagon 3ème classe AC, bredouilles.La suite du voyage, nous la passons àfaire connaissance avec nos différents voisins: nous déballons donc notre histoire à deux d'entre eux , Basha et Arul, deux papis absolument adorables, qui nous amadouent à grand renfort de bananes et de blagues sur les pendjabis àturban. Et oui, en Inde, l'équivalent des blagues belges , c'est les blaguessur les Sikhs. Il faut faire semblant de rire pour ne pas froisser Uncle Basha.