Sports 30/01/2010 à 00h00

Face à Federer, Tsonga n’a pas fait le poids

Tennis . Après un parcours épatant, le Français a été balayé en demi-finale de l’Open d’Australie.

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Par GRÉGORY SCHNEIDER

Jo-Wilfried Tsonga devait livrer son grand combat vendredi, une demi-finale de l’Open d’Australie contre le Suisse Roger Federer, géant parmi les géants de son sport. Et le Manceau a dérouillé : 6-2, 6-3, 6-2 en 1 h 28, une partie sans la moindre balle de break et un Federer qui, exagérant à dessein sa propre facilité, jonglait entre les points avec la tranche de sa raquette. Dur. «Je ne cache pas que lorsqu’on prend 6-2, 6-3, 6-2, on éprouve un sentiment d’impuissance, a confessé Tsonga après son calvaire. C’est vrai qu’à un moment, j’avais envie de fracasser la raquette contre le banc ou de la donner à quelqu’un dans le public. Finalement, je l’ai gardée.»

Contre-pied. Pleure qui peut, et qui veut. Souvent pris de vitesse ou à contre-pied par les frappes du Suisse, Tsonga a fini par donner l’impression paradoxale d’assister au match. Ses mots furent plus ceux d’un témoin que d’un acteur : «Federer n’a rien raté. Il n’est pas numéro 1 mondial pour rien et moi, pour l’instant, je ne suis pas numéro 10 pour rien. Lors des matchs en Grand Chelem [qui se déroulent au meilleur des cinq manches, contre trois ailleurs, ndlr], Federer est relâché, il sait qu’il a le temps. En deux sets gagnants, dès que tu rates un truc, ça peut dégoupiller. Mais là, il est serein.»

C’est effectivement ce que le public a cru comprendre en voyant le match. Et c’est aussi ce que Federer a expliqué ensuite, comme à son habitude sans fausse modestie : «Je ne m’attendais pas à un tel score. Le public non plus d’ailleurs. J’étais bien. Après quelques jeux, je sentais que ça pouvait être bon pour moi. Jo est talentueux, on le reverra à l’avenir. Mais il n’est jamais entré dans la partie. Il n’a pas eu une seule balle de break, ça n’aide pas (sic). Ce soir, j’avais l’impression d’avoir cette seconde supplémentaire pour choisir mes coups. Ce qui m’a donné presque à chaque fois une deuxième option. Si le match a été ennuyeux, ce n’est pas mon problème.»

«Mauvais jours». A propos de l’Ecossais Andy Murray, que le Suisse rencontrera en finale dimanche dans l’espoir de conquérir un 16e titre en Grand Chelem : «Murray est arrivé au niveau où il gagne même les mauvais jours [ce qui, dans l’esprit du Suisse, n’est pas le cas de Tsonga, ndlr]. Et il mène dans les face-à-face contre moi [6 à 4]. Mais j’ai perdu contre lui alors que je n’étais pas à 100% physiquement. Et au meilleur des cinq sets, c’est encore une autre histoire.»

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