Ski, chaussures, crampons et piolets, le point sur les accessoires indispensables et leurs utilisations. Sujet réalisé par les guides Allibert.

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Choisir ses skis
Pour une utilisation en raid, nous vous conseillons de choisir des skis polyvalents.
L‘Altitrail Vertical de Dynastar reste un choix sûr.
Choisir ses fixations
Le choix dépend avant tout de vos chaussures.
- Si vous avez des chaussures avec les ergots qui s’adaptent aux fixations légères de Dynafit (modèles TLT), il n’y a pas à hésiter, ces fixations sont les plus légères, robustes et faciles d’utilisation (malgré un petit coup de main à prendre pour chausser). Quand vous y aurez goûté, vous n’en changerez plus !
Donc, si vous prévoyez d’acheter des chaussures, ayez cet élément en tête et favoriser des modèles à ergots. Attention, avec ce modèle, le réglage de la taille se fait seulement sur une ou deux pointures au maximum ! Cela implique que vous ne pouvez prêter vos skis qu’à des personnes ayant la même pointure que la vôtre.
- Si vous n’avez pas d’ergots sur vos chaussures, les fixations avec une barre reliant butée et talonnière sont un bon compromis entre poids et facilité d’utilisation (chaussage identique aux fixations de piste). Vous avez globalement le choix entre les marques Fritshi (modèles Diamir) et Sivretta (modèle Pure).
Gros avantage, la taille est réglable, vous pouvez donc plus facilement prêter vos skis !
Choisir ses chaussures
Il faut trouver le bon compromis entre poids et rigidité en fonction de votre niveau de ski et de vos objectifs. Comme pour les skis et fixations, privilégiez des modèles plutôt légers, notamment pour une utilisation en raid.
Autre critère de choix ; le débattement à la montée est un élément de confort non négligeable.
Quant à la rigidité, ne vous attendez pas à celle d’un modèle de ski alpin. Sur ce point, tout dépend de votre niveau ! Les chaussures très légères sont réservées à une utilisation en compétition.
Globalement, vous avez le choix entre quatre marques spécialistes des chaussures de randonnée : Garmont, Nordica, Scarpa et Dynafit pour les modèles légers.
Pour une utilisation en raid, nous vous conseillons de vous orienter vers des modèles équivalents aux Matrix de Scarpa ou Mega-ride de Garmont.
Reste la question du chausson thermoformé ou non. Le "thermo" est un réel avantage pour un meilleur confort, une meilleure rigidité et aussi plus de légèreté. Donc pas d’hésitation pour tous ceux qui ont une pratique régulière.
Choisir ses crampons
Compagnons indispensables du piolet, les crampons permettent aux randonneurs et alpinistes de se déplacer sans glisser sur la glace ou sur la neige dure.
Le choix des crampons est d’abord fonction des chaussures utilisées. Si celles-ci sont à semelles et débords rigides (ex. : coques plastique ou cuir récentes) et en bon état, on pourra envisager l’utilisation d’attaches rapides. S’il s’agit d’autres types de chaussures, de chaussures usées ou à débord en cuir, on se contentera d’attaches à lanières, plus sûres — dans ce cas, choisir des systèmes de blocage maniables avec des gants. Les lanières devront également être privilégiées en terrain mixte, où les crampons sont soumis à de multiples contraintes mécaniques. Les attaches semi-rapides ou mixtes sont destinées aux chaussures à semelles relativement rigides.
Les crampons à cadre rigide, offrant une plate-forme très stable, sont réservés au cramponnage frontal, “pointes avant” en très forte pente (> 45°) : goulotte ou cascade de glace. Cette rigidité, qui permet à l’alpiniste de garder les talons bas et de réduire ainsi la fatigue, est naturellement un handicap au confort de marche et à la pratique du terrain mixte.
Pour les randonnées de neige dure et de glace non techniques (pentes faibles, pas d’ancrage de neige), on pourra se contenter de crampons à 10 ou 12 pointes en alliage léger, offrant un gain de poids non négligeable (500 g la paire contre 1 000 g pour des crampons acier) au prix d’une moindre sécurité et d’une usure accentuée.
Pour les courses d’alpinisme, et a fortiori en terrain mixte, on choisira les crampons aciers à 12 pointes — par ailleurs quasi obligatoires pour les grandes pointures, même en terrain facile. Les deux pointes avant, redressées vers l’horizontale, sont utilisées, en cramponnage frontal, face à la pente, pour ancrer le grimpeur. Dans le cas de modèles techniques, ces pointes peuvent être interchangeables, forgées à chaud, en acier ou chrome, affinées et dentées pour une meilleure accroche.
Les deux pointes avant sont souvent complétées par deux autres pointes intermédiaires incurvées vers l’avant. Les pointes inférieures sont plus petites, afin de ne pas gêner la marche sur glace. En terrain mixte, on pourra d’ailleurs choisir une paire de vieux crampons aux dents inférieures raccourcies par l’usure.
Choisir son piolet
Symbole de l’alpiniste, le piolet est le descendant du bâton à bout ferré des cristalliers et chasseurs de chamois et de la hachette à bois ou de la pioche dont les premiers guides se servaient pour tailler des marches dans la glace.
Comme pour les skis, l’évolution des techniques et des pratiques ont conduit au développement de nombreux types de piolets, au point que le choix devient difficile.
On distingue plusieurs familles de piolets.
Le piolet “randonnée”, destiné aux courses de neige et de glace non techniques (pas d’ancrage), est essentiellement utilisé en mode canne. Simple, économique, relativement léger (manche en aluminium, zycral, etc.), la tête, même si elle est légère, doit être suffisamment robuste (acier) pour tailler des marches dans la neige dure (ex. : traversée de névé). Les dents sont arrondies pour éviter de se blesser. Sa longueur sera déterminée de façon classique ; le bras tendu, sa pointe doit arriver à la hauteur des malléoles : environ 65-75 cm pour une taille de 180 cm, pour un poids de l’ordre de 500 g.
L’utilisation d’un piolet associé aux crampons est indispensable dès lors que la pente excède un certain angle, déterminé en fonction des conditions de neige. En glace dure, le piolet est nécessaire au-delà de quelques degrés. En revanche, en cas de neige profonde, il ne s’impose qu’au-delà de 35°, voire 45° ; en cas de neige dure, il devient utile à partir de 30°.
Le piolet “alpinisme tout-terrain”, plébiscité par les guides, est utilisé dès que les ancrages (pentes fortes) ou la taille de marches de glace deviennent nécessaires. Avec son manche droit ou légèrement galbé, il couvre la gamme des techniques classiques de l’alpinisme de neige et glace : piolet-ancre, piolet-ramasse, piolet-rampe, piolet-panne. Assez lourd, il doit être robuste, et sa tête en acier forgé doit présenter un minimum d’inertie pour être efficace. Revêtement adhérent et isolant sur la partie basse du manche. On portera une grande attention à la qualité de la tête : dents bien affûtées, lame amincie, panne large. On le choisit plus court que le piolet “randonnée” : environ 50 à 70 cm pour un poids de l’ordre de 750 g.
Le piolet technique, au manche très galbé, est un véritable prolongement de l’avant-bras. Il est essentiellement utilisé en paire, en cascade de glace ou en pente raide lorsque les crampons sont utilisés en “pointes avant”. Ses formes "contorsionnées" permettent une bonne prise, un ancrage et un désancrage immédiats, ainsi qu’une frappe optimale sans dommage pour les mains. La tête est souvent interchangeable pour s’adapter aux différentes conditions de glace.
Le piolet léger peut être utilisé en randonnée à skis à condition d’en connaître les limites. Entièrement fabriqué en aluminium ou en alliages légers, utilisé en piolet-canne, il ne peut assurer un ancrage ou une taille efficaces de marches. On le réservera aux courses de ski-alpinisme ou de neige. Il pourra aussi être utile pour les gabarits légers encordés (enfants) et comme piolet de secours. Longueur standard : environ 55 cm pour un poids de 300 g.
Le piolet spécialisé, comme le piolet-marteau parfois utilisé en cascade de glace, est utilisé en alpinisme mixte ou comme piolet de secours.