Notre jeune correspondante, anonyme expatriée dans la capitale brésilienne, débarque sur les lieux. Premières impressions.
Trous aux extrémités et différences culturelles
Toilettes de l'aéroport international de São Paulo, 6h du matin. Le vol de onze heures dont je viens de sortir, et mon incapacité totale à dormir en dehors d'un lit, m'ont marquée jusqu'à la prochaine nuit. Je lève les yeux. Le miroir me crie le mot «infamie» au visage. «Tu t'es pris une vingtaine de degrés dans la tronche, c'est ce que tu voulais, non?». Oui, je réponds intérieurement. Je pue, je suis cernée et je m'en fous. Autour de moi, pourtant, ça s'active ferme. Les brunes à talons compensés, cheveux longs et mains terriblement manucurées, sortent maquillage et déodorant. Coup d'œil sur ma droite: les ongles de ma voisine sont parsemés de fleurs roses et blanches. Piercing à l'auriculaire gauche en vue. L'anneau dans l'ongle, c'est comme le strass de dent: j'ai jamais vraiment compris. Je regarde mes extrémités. J'ai mis du vernis transparent qui brille avant de partir, mais il est tout écaillé. C'est le principe du vernis transparent: ça s'écaille, mais ça se voit pas. Plus tard, je me ferai inviter pour la manucure du Samedi matin, sûrement que j'accepterai une première fois, et refuserai les suivantes. Il n'y a pas de doutes, je suis bien arrivée au Brésil.
Ciel, béton et ComicSansMS
Les Brésiliennes, c'est une chose. Le modeste temps déjà vécu ça et là dans le pays m'en a procuré une connaissance, au moins partielle. Brasília, c'en est une autre. C'est la découverte totale. Je n'ai jamais rien vu de semblable. Et je suis tellement contente de n'avoir jamais rien vu de semblable. Je me déplace dans une ville du futur imaginée par des gens des années 60. Les architectes modernistes ont pensé l'avenir sans que ça colle au présent, et c'est un peu génial. Ville décalée. Ville fonctionnelle. Ville décalquée. Ville irréelle. Ville à apprivoiser, surtout. Les Brésiliens vous le diront: c'est toujours mieux quand c'est un peu difficile. Brasília est une immense "té-ci", mais en mieux. D'énormes blocs posés côte à côte, reliés par des jardins d'où s'élèvent une multitude d'arbres. Dans les parties communes, une propreté à bouffer par terre. On trouve entre chaque méga-bloc un espace commercial, ou plutôt un assemblage de façades toutes plus horribles les unes que les autres. Le graphisme des Brasilienses (habitants de Brasília) a dépassé les années 60, mais est manifestement resté bloqué dans la décennie 80. On dirait des devantures de coiffeur de village, en ComicSansMS. La symétrie des ministères frise la perfection. Au Congrès national, tout a été gardé en l'état : la moquette du sol est verte, et l'art sur les murs, rond et vif. Mais ce que je préfère, c'est le ciel. Les rues larges et les espaces ouverts donnent une perspective folle. Oui, le ciel est vraiment la mère de Brasília.
Son papa, c'est le béton.
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Commentaires
bahiaflaneur@msn.com
15H06 16 FEVRIER 2012
Il y a d'autres manières de parler du Brésil, je crois. Non ?
Cordialement
BF
http;//www.bahiaflaneur.net/blog2
angstrom
11H05 07 FEVRIER 2012
A savoir que les auteurs de cette citée sont en partie francais, en l'occurence Lecorbusier et Oscar Nemeyer pour le Brésil.
Dans l'attente
18H24 05 FEVRIER 2012
D'autres clichés ? A...nonyme, tu exagères !
O pinto
17H45 02 FEVRIER 2012
Il y en aura d'autres...!
Francis J
12H46 01 FEVRIER 2012
Brasília est avant tout une ville du passé.
Visiteur
11H14 01 FEVRIER 2012
Oui mais il faudrait dire aussi que : rien que des magasins et restaurants ordinaires, et qu'est ce qu'on s'y ennuie ..
Jojo
11H13 01 FEVRIER 2012
Très bien écrit, bravo !