Économie 19/02/2010 à 07h53 (mise à jour à 17h55)
Les raffineries de Total bientôt à l'arrêt, affirme la direction
La direction de Total, la ministre de l'économie et l'Union française des industries pétrolières ont assuré, chacun de leur côté, qu'il n'y a pas de risque de pénurie de carburant dans l'immédiat, malgré la grève.
Des salariés de Total à Dunkerque, en grève depuis un mois, dans les locaux administratifs du site, le 16 février 2010. (© AFP Denis Charlet)
L'arrêt progressif des raffineries de Total a débuté vendredi dans le cadre d'une grève illimitée des salariés pour l'avenir de leur activité. «Les manœuvres d'arrêt des raffineries sont enclenchées. A ce stade, il n'y a pas de risque de pénurie», a indiqué la direction du groupe pétrolier.
Christine Lagarde, la ministre de l'économie a elle aussi assuré « qu'il n'y a pas de risque de pénurie », à court terme. « Ce n'est vraiment pas un argument qu'il faut utiliser», a-t-elle ajouté.
D'après l'Union française des industries pétrolières (Ufip), les stocks de carburants représentent entre 10 et 20 jours de consommation et il faut «que les automobilistes aient un comportement normal, ils trouveront du carburant sur la route».
La direction du groupe pétrolier a reconnu que «le mouvement s'est durci» et que «la situation est très évolutive». A la raffinerie de Feyzin (Rhône), le directeur Jean-Pierre Poncin avait admis jeudi que «si la grève continue, il y aura des tensions dans la région Rhône-Alpes dans les prochains jours».
Total assure environ la moitié de l'approvisionnement des stations-service françaises.
Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a contacté vendredi le PDG de Total, Christophe de Margerie, pour lui demander de «rassurer très rapidement les salariés».
48 heures avant que l'arrêt des raffineries soit effectif
Ceux-ci ont voté jeudi en assemblées générales en faveur d'une «grève illimitée» et de l'arrêt total de certaines unités dans les six raffineries françaises du groupe pétrolier: Gonfreville-L'Orcher (Seine-Maritime), Donges (Loire-Atlantique), Grandpuits (Seine-et-Marne), Feyzin (Rhône), La Mède (Bouches-du-Rhône) et Dunkerque (Nord).
Ce dernier site, à l'origine du conflit national, est menacé de fermeture. Il est déjà en grève depuis un mois et occupé depuis mardi par ses salariés.
«Les procédures d'arrêt des raffineries sont en cours», a indiqué la CGT, à l'origine du mouvement depuis mercredi aux côtés de FO, Sud et la CFDT. «Pour arrêter, on n'appuie pas sur un bouton: les salariés demandent la procédure d'arrêt et respectent des consignes de sécurité: cela prend environ 48 heures», a expliqué la CFDT.
Selon Charles Foulard (CGT), «au bout de cinq jours d'arrêt, il peut y avoir un début de pénurie d'essence dans les stations-services». Mais pour la CFDT, «compte tenu que, depuis mercredi, les expéditions ont déjà cessé et que le débit des raffineries a été réduit au minimum, le processus pourrait être plus rapide».
La grève touche aussi des dépôts - sept sur 31 vendredi selon la direction - ce qui peut compliquer l'approvisionnement dans certaines régions.
Les syndicats ont évoqué des arrêts complets dès lundi soir à Donges ou mardi matin à Grandpuits.
Le PDG de Total reçu ce week par Estrosi
«Nous n'avons aucune raison de redémarrer la raffinerie sans avoir obtenu des signes forts de la direction, notamment sur la pérennisation de notre outil industriel», a-t-il ajouté.
Le ministre de l'Industrie recevra le PDG de Total ce week-end. Il lui a rappelé «qu'il était hors de question en l'état de fermer la raffinerie des Flandres», près de Dunkerque, sans projet alternatif, «ni, évidemment, d'en fermer aucune autre en France».
La direction de Total a indiqué vendredi dans un communiqué «qu'aucune autre raffinerie du groupe en France» que celle de Dunkerque «n'est concernée par un projet de fermeture», et que «le raffinage est et restera au cœur» des activités du groupe pétrolier. La décision de fermeture de la raffinerie de Dunkerque n'a pas encore été annoncée officiellement. Total avait repoussé d'ici à l'été son annonce, à l'occasion du dernier comité central d'entreprise le 1er février.
Le mouvement des raffineries menace de s'étendre aux sites français d'ExxonMobil. La CGT du groupe a «décidé d'interpeller les salariés» des raffineries de Port-Jérôme (Seine-Maritime) et de Fos-sur-Mer (Bouches du Rhône) ainsi que des usines pétrochimique et chimiques de Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-Maritime) «pour qu'ils rejoignent» la grève des salariés de Total «en lutte pour l'avenir du raffinage».
(Source AFP)
Vos commentaires
219 commentaires affichés.
- efbe (21)Inscrit Libé +Suivre cet internaute | Profil
- Les actionnaires:
- "travailler moins pour gagner plus"
- Samedi 20 février à 07h44
- pitoune (514)Inscrit Libé +Suivre cet internaute | Profil
- Bon ! c'est quoi le projet de total ?
- Il y en a marre de ces gens qui avancent masqués et qui mentent à longueur de jours !!! Pourquoi fermer des raffineries en France et investir dans des raffineries... ailleurs ! Encore une fois, on voit l'industrie sa barrer. Et Ce cher M. Estrosi qui nous raconte des sornettes sur la…
- Vendredi 19 février à 22h26
- marc91 (515)Inscrit Libé +Suivre cet internaute | Profil
- Total est hors de cause,
- En effet, Bernard Kouchner vient de publier un rapport qui démonte un à un les propos déformés par des syndicats et des salariés indigents, à propos de Total tant décriés et sortie de leurs contextes... Plus sérieusement, bravo aux…
- Vendredi 19 février à 20h14
- poeme (320)Inscrit Libé +Suivre cet internaute | Profil
- Quoi??
- Le droit de grève, c'est le droit de ne pas aller bosser, pas de bloquer des dépots, et d'empêcher ceux qui veulent travailler de le faire. Il n'y a q'en France qu'on vois cela. Il faut que l'état dasse appliquer la loi, en délogeant ces délinquants ( car…
- Vendredi 19 février à 20h13
- le_caneton_menotte (1385)Inscrit Libé +Suivre cet internaute | Profil
- NO SARKOZY DAY - TOUS ENSEMBLE LE 27/03/2010
- Inconséquence politique, échec économique, casse sociale, rupture du pacte républicain, atteinte à l'égalité des chances, politique de la peur, stratégie de la division, lois liberticides, pratiques autocratiques du pouvoir, favoritisme,…
- Vendredi 19 février à 19h19
- cheche (444)Inscrit Libé +Suivre cet internaute | Profil
- EN FEVRIER, 2 CONTRASTES
- TOTAL, PHILIPS? CONTINENTAL, IKEA, ED, France Télécoms, la Poste, la SNCF, l' Education Nationale et bien d' autres tels les "licenciés économiques, les précaires, les sans emplois, sans logement, les expulsés sont dans l' action alors que les…
- Vendredi 19 février à 16h57
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