Rockocracy, la caste du siècle

09 JUIN 2008
PHOTOS: DR
TEXTE: Françoise-Marie Santucci Recherches : Clément Ghys
portraits famille rocko

Ils sont riches, beaux, tous un peu mannequins ou créateurs de quelque chose et surtout portent un patronyme célèbre. Fils et filles de rockers, de grands noms de la mode, ils se connaissent, se croisent à New York, Londres et Monaco. Des Jagger aux Grimaldi, portraits de sept familles people de la deuxième génération.

Il y a très très longtemps, quand les riches et célèbres portaient encore des habits coûteux et les marginaux des tenues excentriques, quand les classes sociales étaient aussi rigides qu’étanches et que l’étiquette désignait autre chose que le prix d’un vêtement, on ne confondait pas les rockers et les aristos, les midinettes et les comtesses – quoique dans la lignée « prince et bergère », il y eut toujours des exceptions, n’est-ce pas Nadine (de Rothschild).

Aujourd’hui, et particulièrement dans le monde anglo-saxon
qui a la particularité de disposer d’une noblesse de sang (en Angleterre), d’une noblesse d’argent (en Angleterre et aux Etats-Unis), et d’une noblesse rock (dans les deux pays), ces univers se mélangent allègrement.
La publicité, notamment les campagnes de la marque anglaise Burberry, l’a bien compris qui utilise la fraîcheur et la renommée de ces visages pour promouvoir une nouvelle imagerie du luxe. En langue anglaise, propice aux néologismes et raccourcis, cette jeune classe qui domine le monde occidental branché du haut de son argent, de ses paillettes et de sa turbulence a été baptisée la « rockocracy » –l’aristocratie rock. Plus ancien et plus général, le terme de « socialite » désignait déjà les membres de l’élite jet-set : par conséquent, un gamin de la « rockocracy » est forcément un « socialite ».

A l’inverse de leurs scandaleux géniteurs
(Mick Jagger et Keith Richards notamment), qui collectionnent les œuvres d’art, cultivent des vignobles ou escaladent des cocotiers, ces jeunes gens de vingt ans et des poussières évoluent dans des sphères où l’on est à la fois un peu mannequin et un peu créateur, un peu à la recherche de soi et surtout des fêtes les plus en vue, un peu frimeur mais pas trop puisqu’on manie aussi bien le vintage Chanel que l’uniforme hippie chic. Aussi fermée qu’hypermondialisée, cette toile d’araignée 18 carats étend ses ramifications jusqu’aux princes monégasques (Andrea, Pierre, Charlotte), aux rejetons des grands noms de la mode (Margherita Missoni) et à quelques « wanabees » qui n’en sont plus depuis qu’ils ont prouvé qu’à défaut d’être bien nés, ils étaient bien mis et bien vus (Kate Moss).

Pourquoi s’intéresser à cette petite clique
qui évolue dans un mouchoir de poche brodé d’or, qui fait le grand écart entre les pages du Who’s Who, du Bottin mondain et celles de Voici ? Parce que ça nous apprend, sur l’époque, que l’élitisme est plus vivace que jamais même s’il se pare de décontraction, et que l’appareillage mode/rock/argent, lancé dans les sixties par les Rolling Stones, domine sans partage l’industrie du divertissement, s’avérant un sujet inépuisable pour la presse people.
Quand, de nos jours, être célèbre est un « non-travail » à plein-temps pour ces centaines de gamins bien nés, Libération vous propose, en sept familles, un tour d’horizon de ces « enfants du rock » des années 00.

 

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Commentaires

Ed Banger
23:15 18 JUIN 2008

Superbe article ! La rockocracy est partout autour de nous, liberons-nous de son emprise.


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